2026.06.09 (Mar)

✹ RĂ©sumĂ© de GPT

Un rĂ©cit de colĂšre face au manque de bulletins, au vote aprĂšs les sondages de sortie des urnes, aux bulletins non comptĂ©s intĂ©grĂ©s tardivement, aux mĂ©dias timides et aux obsĂ©dĂ©s politiques venus rĂ©cupĂ©rer l’affaire.

L’élection sans bulletins

Écrire sur la politique est toujours Ă©puisant.

Mais cette affaire ne peut pas simplement passer. Non, elle ne doit pas passer. Des Ă©lecteurs sont allĂ©s au bureau de vote et ont dĂ» attendre, repartir, ou recevoir quelque chose comme un ticket numĂ©rotĂ© pour revenir plus tard parce qu’il n’y avait pas assez de bulletins. Que cela arrive lors d’une Ă©lection sud-corĂ©enne en 2026 est dĂ©jĂ  insensĂ©. La Commission Ă©lectorale nationale a dĂ©clarĂ© qu’au 5 juin, 50 bureaux avaient rĂ©ellement manquĂ© de bulletins et que le vote avait Ă©tĂ© temporairement suspendu dans 22 bureaux.1 Et ce chiffre n’était mĂȘme pas dĂ©finitif. Le 8 juin, des articles ont indiquĂ© qu’aprĂšs inspection complĂšte, le nombre de bureaux en manque de bulletins Ă©tait montĂ© Ă  91 ou plus, et celui des bureaux oĂč le vote avait Ă©tĂ© suspendu Ă  26.2

Le plus fou est ceci. Faute de bulletins, certains bureaux ont continuĂ© Ă  voter aprĂšs 18 h, alors que les rĂ©sultats des sondages de sortie des urnes ont Ă©tĂ© publiĂ©s Ă  18 h. Un Ă©ditorial du Segye Ilbo a aussi soulignĂ© que l’heure de clĂŽture avait Ă©tĂ© prolongĂ©e Ă  cause du manque de bulletins, mais que les sondages avaient tout de mĂȘme Ă©tĂ© publiĂ©s Ă  18 h.3 Le titre d’un reportage de Korea Economic TV disait carrĂ©ment : « Ils ont votĂ© aprĂšs avoir vu le sondage de sortie des urnes ». Dans le 6e bureau de l’école Jamil, environ 80 personnes Ă©taient encore Ă  l’intĂ©rieur vers 18 h 30, et l’article expliquait que des Ă©lecteurs avaient votĂ© aprĂšs avoir vu les rĂ©sultats du sondage.4 C’est quoi, cette Ă©lection ? Avant mĂȘme de voter, le rapport de force Ă©tait sorti, l’ambiance sur qui menait et qui s’effondrait circulait dĂ©jĂ , puis on a fait voter les gens. Peut-on vraiment prĂ©tendre que c’était une Ă©lection normale ?

Et pourtant, la Commission a affirmĂ© que cette affaire ne constituait pas un motif de report de l’élection ou de nouveau scrutin selon la loi Ă©lectorale.5 Ils sont sĂ©rieux ? Des bulletins manquaient, des gens n’ont pas pu voter normalement, le vote a continuĂ© aprĂšs la publication des sondages, et des bulletins intĂ©grĂ©s tardivement ont mĂȘme corrigĂ© des rĂ©sultats. Et ce ne serait toujours pas un motif de nouveau scrutin ? Alors qu’est-ce qui le serait ? Il faut que le bureau de vote explose ?

En plus, SBS a rapportĂ© qu’à Songpa-gu, au-delĂ  du 2e bureau de Jamsil 7-dong, il existait d’autres bulletins qui n’avaient pas Ă©tĂ© comptĂ©s ou n’avaient pas Ă©tĂ© reflĂ©tĂ©s dans le rĂ©sultat.6 Il est comprĂ©hensible que les gens l’aient reçu comme « une autre urne non comptĂ©e retrouvĂ©e ». MĂȘme le noyau confirmĂ© par l’article est dĂ©jĂ  grave. AprĂšs la fin de l’élection, des bulletins de Songpa-gu ont Ă©tĂ© comptĂ©s ou reflĂ©tĂ©s tardivement, et la Commission n’a pas pu expliquer immĂ©diatement pourquoi. Comment des bulletins suffisants pour changer un rĂ©sultat peuvent-ils ĂȘtre intĂ©grĂ©s tardivement sans que l’on sache expliquer pourquoi ?

Le droit de vote est un droit fondamental au cƓur de la dĂ©mocratie.

Si une situation inĂ©dite a brisĂ© ce droit, la Commission doit enquĂȘter entiĂšrement et publier les causes, les responsables doivent rĂ©pondre clairement, les mĂ©dias doivent continuer Ă  poser des questions, et la politique doit examiner l’atteinte au droit de vote au-delĂ  des intĂ©rĂȘts de camp. Ce n’est pas compliquĂ©. Des citoyens sont allĂ©s voter et il n’y avait pas de bulletins. L’élection s’est terminĂ©e, puis des bulletins ont Ă©tĂ© reflĂ©tĂ©s tardivement. Si l’on ne se met pas en colĂšre ici, oĂč le fera-t-on ?

Le camp abĂźme le problĂšme

Mais la réalité, comme toujours, est salement factionnelle.

Le problĂšme du prĂ©tendu camp de gauche n’a pas seulement Ă©tĂ© le silence. Au dĂ©but, il y a clairement eu des rĂ©actions cherchant Ă  ranger ce problĂšme dans le sac du complotisme, par lassitude devant le « encore une fraude Ă©lectorale ? ». Moi aussi, je trouve pitoyables, et parfois rĂ©pugnants, ceux qui se laissent emporter par l’agitation et parlent de fraude Ă©lectorale. Mais cette affaire est distincte. On ne peut pas la liquider en la liant Ă  cela. MĂȘme Lee Jae-myung a dit lors de sa confĂ©rence de presse du 8 juin que le manque de bulletins Ă©tait « mĂȘlĂ© » aux thĂ©ories de fraude, mais « un peu diffĂ©rent », et que demander « comment peut-on ne pas pouvoir voter ? » n’était pas de la mĂȘme nature que l’agitation.7 Mais sĂ©rieusement, est-il normal qu’une Ă©vidence pareille ne soit dite que maintenant ? Quelqu’un qui s’exprimait autant sur les rĂ©seaux lorsque Starbucks a insultĂ© le Mouvement dĂ©mocratique de Gwangju du 18 mai avec une affiche Tank Day, pourquoi est-il si passif maintenant ? Et c’est quoi, cette « sensibilitĂ© souveraine » ? J’en ai assez de ce vocabulaire de sensibilitĂ©. Ils parlent toujours joliment. Mais quand des citoyens n’ont rĂ©ellement pas pu voter, ils ont d’abord regardĂ© le calcul de camp. Cette scĂšne est rĂ©pugnante. Les faibles sont toujours bons, les femmes sont toujours discriminĂ©es, etc. Des hypocrites sucrĂ©s ivres du rĂ©cit de l’underdog.

Le prĂ©tendu camp de droite a l’extrĂȘme inverse. Un vrai Ă©chec de gestion Ă©lectorale s’est produit, quelque chose qui devait provoquer une vraie colĂšre, mais ils traĂźnent encore cette colĂšre dans le matĂ©riau des thĂ©ories de fraude Ă©lectorale. Devant le centre de dĂ©pouillement de Jamsil, pendant le rassemblement et le blocage, un conservateur d’extrĂȘme droite comme Jeon Han-gil a poussĂ© Ă  sa guise des slogans du type « invalider toutes les Ă©lections du pays », et certains politiciens et youtubeurs conservateurs ont rejoint les lieux.8 L’endroit qui devait exiger des comptes pour l’échec administratif de la Commission devient alors une scĂšne oĂč l’on crie des absurditĂ©s comme « fraude Ă©lectorale ». C’est ce qui m’énerve le plus. Il y a un problĂšme rĂ©el et clair, et les complotistes aspirent mĂȘme l’énergie nĂ©cessaire pour rĂ©soudre ce vrai problĂšme. Les voir ouvrir la bouche, ivres d’une justice bon marchĂ©, donne la nausĂ©e. Ils n’imaginent mĂȘme pas qu’ils sont eux aussi manipulĂ©s, tout en jouant les citoyens Ă©veillĂ©s qui disent aux autres de ne pas se laisser manipuler.

D’ailleurs, beaucoup de participants, surtout des vingtenaires et trentenaires, essayaient plutĂŽt de prendre leurs distances avec les thĂ©ories de fraude. Yonhap a rapportĂ© que les participants tentaient de limiter les slogans Ă  « nouveau scrutin », « atteinte au droit de vote » et « Aegukga », tout en freinant les drapeaux amĂ©ricains et les provocations anti-chinoises.9 Donc, si l’on avale cette affaire comme un seul bloc factionnel, son essence se brouille. C’est une affaire qui devrait susciter l’indignation lĂ©gitime de nombreux citoyens et des manifestations pacifiques partout dans le pays. C’est un Ă©vĂ©nement historique face auquel tout citoyen devrait ĂȘtre lĂ©gitimement en colĂšre.

Et pourtant, un extrĂȘme tente d’écraser le problĂšme comme complot dĂšs qu’il dĂ©range son camp, tandis que l’autre transforme tout problĂšme en preuve d’un vaste complot. Ils aiment leur camp plus que la vĂ©ritĂ©. Voir ces extrĂ©mistes est vraiment Ă©cƓurant.

L’échec de gestion Ă©lectorale rĂ©ellement confirmĂ©

Manque de bulletins et intégration tardive

D’aprĂšs les articles que j’ai vĂ©rifiĂ©s, le manque de bulletins a rĂ©ellement eu lieu. La Commission s’est excusĂ©e. Les bureaux en manque, annoncĂ©s d’abord Ă  50, sont passĂ©s Ă  91 ou plus aprĂšs inspection complĂšte.2 Des votes ont Ă©tĂ© retardĂ©s dans certains bureaux, et des articles ont indiquĂ© qu’un autre bureau de Songpa-gu, en plus du 2e bureau de Jamsil 7-dong, semble avoir Ă©tĂ© dĂ©pouillĂ© tardivement.6

Le reportage de SBS est particuliĂšrement grave. Il indique qu’aprĂšs l’intĂ©gration tardive des votes de Songpa-gu, le taux de vote par parti et les siĂšges de reprĂ©sentation proportionnelle du Conseil mĂ©tropolitain de SĂ©oul ont changĂ©. La Commission n’a pas pu expliquer clairement pourquoi cela avait pris du retard.6 Le Dong-A Ilbo a ensuite rapportĂ© que le rĂ©sultat final avait fait passer un siĂšge proportionnel du Conseil de SĂ©oul du Parti dĂ©mocrate au Parti du pouvoir du peuple.10

Ce n’est pas quelque chose que l’on peut balayer avec « il y a eu une erreur, pardon, je dĂ©missionne. (MĂȘme si mon mandat touchait dĂ©jĂ  Ă  sa fin.) »

Si des bulletins non comptĂ©s ou non reflĂ©tĂ©s ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s assez tard pour corriger des rĂ©sultats annoncĂ©s, il faut publier oĂč ils se trouvaient, pourquoi ils n’ont pas Ă©tĂ© reflĂ©tĂ©s Ă  temps, qui les a conservĂ©s, dĂ©placĂ©s et comptĂ©s selon quelle procĂ©dure, et quels registres existent sur la surveillance, les scellĂ©s et les procĂšs-verbaux. Sans cette explication, il est naturel que toutes sortes de soupçons naissent.

Il a mĂȘme Ă©tĂ© rapportĂ© que le 2e bureau de Jamsil 7-dong avait prĂ©parĂ© des bulletins Ă©quivalents Ă  seulement 49,3 % des Ă©lecteurs inscrits, moins de la moitiĂ©.11 L’explication selon laquelle on aurait imprimĂ© environ 50 % des bulletins pour le jour du vote est dĂ©jĂ  absurde ; si mĂȘme ces 50 % n’ont pas Ă©tĂ© correctement assurĂ©s, parler d’erreur administrative est beaucoup trop doux.

Qu’ont demandĂ© les mĂ©dias ?

Il faut aussi parler du comportement des médias.

Bien sĂ»r, il serait faux de dire que les chaĂźnes terrestres n’ont rien couvert. La chaĂźne YouTube officielle de KBS a publiĂ© des vidĂ©os sur les 50 bureaux en manque de bulletins, les dĂ©faillances de la Commission, l’enquĂȘte policiĂšre et la possibilitĂ© d’un nouveau vote ; MBC a aussi publiĂ© des sujets sur les 50 bureaux, la consigne d’imprimer 50 %, et les 4 726 bulletins manquants.1213 Donc dire « personne n’en a parlĂ© » serait faux. Les faits doivent rester des faits.

Mais c’est justement pour cela que c’est encore plus Ă©nervant. Ils ont traitĂ© le manque de bulletins, mais le point oĂč des bulletins non comptĂ©s ou non reflĂ©tĂ©s de Songpa-gu ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s tardivement et ont changĂ© le rĂ©sultat proportionnel du Conseil de SĂ©oul n’apparaĂźt pas avec le mĂȘme poids sur les autres chaĂźnes YouTube officielles des chaĂźnes terrestres que dans le reportage de SBS.14 Ce n’est pas un simple clip d’erreur administrative Ă  consommer puis oublier. Si des bulletins suffisants pour corriger un rĂ©sultat ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s tard, tous les mĂ©dias auraient dĂ» rĂ©pĂ©ter les mĂȘmes questions. OĂč Ă©taient ces bulletins ? Pourquoi Ă©taient-ils en retard ? Qui les a gĂ©rĂ©s ? Y avait-il des observateurs ? Pourquoi la Commission n’a-t-elle pas pu expliquer immĂ©diatement ?

Sur ce point, je pense que les mĂ©dias ont Ă©tĂ© passifs. Parler de silence total serait exagĂ©rĂ©. Mais ont-ils pris cela comme sujet central et l’ont-ils poursuivi jusqu’au bout ? Non. Pas assez. Beaucoup trop peu. Si les mĂ©dias laissent passer cela dans le calme, que sont-ils censĂ©s surveiller ?

Théorie du complot et recherche de responsabilité sont différentes

Pour autant, il ne faut pas perdre la ligne.

Il y a de quoi soupçonner des intentions sur plusieurs points, mais cela ne signifie pas qu’une fraude Ă©lectorale est prouvĂ©e. Ce qu’il faut maintenant, ce n’est pas « vous voyez, tout Ă©tait truquĂ© depuis le dĂ©but ». Le cƓur est : « comment les explications et les rĂ©ponses peuvent-elles ĂȘtre aussi mauvaises aprĂšs un accident aussi grave ? » Ceux qui ne distinguent pas cela abĂźment l’affaire des deux cĂŽtĂ©s.

Au moment oĂč l’on monte sur la thĂ©orie du complot Ă©lectoral, les questions les plus importantes se brouillent. Y a-t-il eu atteinte au droit de vote ? Des Ă©lecteurs n’ont-ils pas pu voter ? Les procĂ©dures de conservation, de transport et de comptage des votes retardĂ©s ou non reflĂ©tĂ©s Ă©taient-elles lĂ©gales ? Quand la Commission a-t-elle su quoi, et pourquoi ne l’a-t-elle pas immĂ©diatement rendu public ? VoilĂ  les questions centrales.

Le commentaire de Lee Jae-myung du 8 juin, disant que cela Ă©tait « un peu diffĂ©rent » des accusations de fraude Ă©lectorale, Ă©tait juste sur ce point.7 L’agitation autour de la fraude Ă©lectorale et la question de l’atteinte au droit de vote doivent ĂȘtre sĂ©parĂ©es. C’est ainsi seulement que la responsabilitĂ© de la Commission peut ĂȘtre exigĂ©e prĂ©cisĂ©ment.

On peut parler d’un nouveau scrutin

Évoquer un nouveau scrutin n’est pas en soi du complotisme.

Si le manque de bulletins a rĂ©ellement entravĂ© l’exercice du droit de vote, si certains Ă©lecteurs ont votĂ© aprĂšs la publication des sondages de sortie des urnes, et si l’ampleur et l’impact suffisent Ă  Ă©branler la lĂ©gitimitĂ© du rĂ©sultat, il est naturel de discuter de l’annulation ou d’un nouveau scrutin. Traiter cela mĂȘme de complotisme est lĂąche. Le cas de Berlin en Allemagne montre un prĂ©cĂ©dent oĂč le manque de bulletins et des dĂ©faillances de gestion Ă©lectorale ont menĂ© Ă  un nouveau scrutin.15

Mais cela ne se rĂ©sout pas non plus par slogan. La colĂšre n’efface pas les critĂšres juridiques, et les critĂšres juridiques n’effacent pas la colĂšre.

Crier « nouveau scrutin ! » ne crĂ©e pas automatiquement un nouveau scrutin, et couvrir l’affaire en disant « ce n’est rien » ne la transforme pas en rien. CritĂšres juridiques, ampleur du dommage, existence d’électeurs qui ont renoncĂ©, impact par circonscription, vices de procĂ©dure, transparence du dĂ©pouillement : tout doit ĂȘtre examinĂ©.

Je ne veux pas encore affirmer qu’un nouveau scrutin est forcĂ©ment la rĂ©ponse. Dans les milieux juridiques, certains estiment qu’il peut y avoir des Ă©lĂ©ments d’illĂ©galitĂ©, mais qu’aller jusqu’à invalider l’élection serait difficile.16 Dans le cas de la mairie de SĂ©oul, l’écart final n’était pas non plus d’une ampleur pouvant ĂȘtre renversĂ©e par les seules urnes de Jamsil 7-dong.10 Crier uniquement au nouveau scrutin sans regarder ces chiffres est aussi irresponsable.

Mais si l’affaire s’évapore sans Ă©tablissement de la vĂ©ritĂ©, alors l’histoire change. Ce n’est plus seulement une dĂ©faillance de gestion Ă©lectorale ; c’est un mĂ©pris ouvert des droits fondamentaux des citoyens. Si le droit de vote garanti par la Constitution a Ă©tĂ© brisĂ© sur le terrain par une dĂ©faillance administrative et que l’État ne l’explique pas correctement, le qualifier de problĂšme constitutionnel n’a rien d’étrange.

Ce qu’il faut maintenant, ce n’est donc pas un slogan aveugle de nouveau scrutin, mais l’établissement de la vĂ©ritĂ©, la responsabilitĂ© et la rĂ©forme institutionnelle. La mention par Lee Jae-myung d’une Ă©quipe d’enquĂȘte conjointe et d’une enquĂȘte parlementaire, ainsi que la discussion sur la rĂ©forme de la Commission lors de la rĂ©union avec les chefs des quatre pouvoirs, s’inscrivent dans ce contexte.17 Si cela se termine par des paroles, ce sera encore un spectacle. Il faut rĂ©vĂ©ler qui a dĂ©cidĂ© quoi, quels bulletins sont arrivĂ©s tard depuis oĂč et comment, et pourquoi les bureaux ont manquĂ© de bulletins.

Les humains deviennent trop facilement des bĂȘtes de camp

Le plus pathétique est là.

MĂȘme devant une affaire comme celle-ci, les gens ne regardent pas d’abord les faits. Ils regardent d’abord le camp. Est-ce favorable Ă  mon cĂŽtĂ© ? DĂ©favorable Ă  l’autre ? Si je dis cela, de quel cĂŽtĂ© aurai-je l’air ? Est-ce utile Ă  mon identitĂ© politique ? Ils commencent par ce calcul.

À cet instant, l’ĂȘtre humain devient presque automatiquement aveugle. Il a des yeux et ne voit pas.

Gauche ou droite, peu importe. L’extrĂ©misme se ressemble toujours. Il choisit les faits qui protĂšgent sa vision du monde. Il minimise les faits gĂȘnants, amplifie les faits utiles, prĂ©tend savoir ce qu’il ignore et enterre ce qu’il devrait savoir. Il croit seulement ce qu’il veut croire tout en jouant au juste.

C’est pourquoi les complotistes de la fraude Ă©lectorale et ceux de la vache folle semblent opposĂ©s, mais se ressemblent. Les deux se nourrissent d’angoisse, de colĂšre et d’appartenance. Les deux aiment la sensation de « je suis Ă©veillĂ© et vous ĂȘtes trompĂ©s ». Les deux veulent un ennemi simple plutĂŽt qu’une rĂ©alitĂ© complexe. C’est pathĂ©tique, et effroyablement courant.

Mais repousser cette affaire comme « encore des histoires de fraude Ă©lectorale » est tout aussi paresseux. Le manque de bulletins, les suspensions de vote, l’intĂ©gration tardive de bulletins non comptĂ©s ou non reflĂ©tĂ©s, et les explications peu claires de la Commission ont rĂ©ellement existĂ©.26 Si l’on refuse de regarder ces faits, mĂȘme celui qui critique les thĂ©ories du complot devient aveugle de son propre camp.

En voyant cela, je trouve cela pathĂ©tique, mais je sais aussi que je ne suis pas diffĂ©rent. C’est pour cela que c’est encore plus pĂ©nible.

À un certain niveau, je deviendrais moi aussi aussi extrĂȘme. Quand les valeurs qui comptent pour moi, les personnes que j’aime, la foi et la vision du monde que je veux protĂ©ger sont en jeu, je saisirais probablement l’émotion avant le fait. L’ignorance des autres se voit facilement ; la mienne n’apparaĂźt presque jamais Ă  mes yeux. Donc en insultant les autres, j’ai l’impression de regarder aussi mon propre visage.

C’est pour cela que c’est encore plus effrayant.

L’ignorance est un pĂ©chĂ©. Or l’humain est ignorant. L’humain ne peut donc qu’ĂȘtre pĂ©cheur. Haha
 Alors, malgrĂ© tout, il faut aimer. JĂ©sus ne les a pas condamnĂ©s mĂȘme suspendu Ă  la croix, et moi, chrĂ©tien qui dis vouloir suivre JĂ©sus, je ne devrais pas me laisser avaler par cette colĂšre.

Il faut quand mĂȘme demander

Il faut quand mĂȘme demander.

La Commission doit expliquer cela avec transparence. Dans combien de bureaux, quel type de bulletin a manquĂ© et en quelle quantitĂ© ? Y a-t-il eu des Ă©lecteurs qui n’ont rĂ©ellement pas pu voter ? Parmi ceux qui ont reçu un numĂ©ro, combien sont revenus et combien ont renoncĂ© ? OĂč et comment les bulletins non comptĂ©s intĂ©grĂ©s tardivement ont-ils Ă©tĂ© gĂ©rĂ©s ? Pourquoi l’intĂ©gration a-t-elle Ă©tĂ© assez tardive pour corriger des rĂ©sultats ? Si la Commission dit qu’elle va faire fonctionner un comitĂ© externe d’établissement des faits du 10 au 19, son rĂ©sultat doit ĂȘtre un registre public de procĂ©dures et de chiffres, pas une note d’excuses.2 Cela ne se termine pas avec quelques pages pour Ă©viter les responsabilitĂ©s.

Les mĂ©dias doivent aussi poser plus de questions. Cela ne doit pas ĂȘtre consommĂ© comme une affaire de camp puis terminĂ©. La confiance dans la dĂ©mocratie s’effondre par des procĂ©dures comme celles-ci, pas seulement par de grands slogans. Aller voter et ne pas trouver de bulletins est dĂ©jĂ  un Ă©chec trop primitif. Que des bulletins non comptĂ©s ou non reflĂ©tĂ©s entrent tard et changent un rĂ©sultat est encore plus primitif. J’en ai donc assez du mot « rĂ©flexion ». Je veux qu’ils enquĂȘtent clairement et rĂ©vĂšlent clairement qui a gĂąchĂ© quoi, quand, pourquoi et comment.

Les citoyens doivent aussi surveiller Ă  la fois le silence de « leur cĂŽtĂ© » et la folie de « leur cĂŽtĂ© ». Si « mon cĂŽtĂ© » tente d’enterrer l’affaire en silence, il faut le critiquer. Si « mon cĂŽtĂ© » la contamine avec des thĂ©ories du complot, il faut le critiquer aussi.

Critiquer la Commission ne fait pas de quelqu’un un complotiste de la fraude Ă©lectorale. Se mĂ©fier des thĂ©ories de fraude ne fait pas disparaĂźtre la responsabilitĂ© de la Commission. Tenir ces deux choses ensemble, c’est du bon sens. Mais trop de gens sont incapables de tenir mĂȘme ce bon sens.

C’est Ă©puisant que le bon sens soit si difficile Ă  notre Ă©poque. Vraiment Ă©puisant. Mais malgrĂ© tout, je les aimerai. Les blĂąmer, c’est aussi me blĂąmer.

Vraiment
 sans amour, il est beaucoup trop facile de devenir un monstre.

Références

  1. Baek Jong-gyu, « La Commission Ă©lectorale nationale : 50 bureaux ont rĂ©ellement manquĂ© de bulletins », YTN, 2026-06-05. Article ↩

  2. Kim Do-hyung, « Les bureaux en manque de bulletins n’étaient pas 50 mais 91
 la Commission lance un comitĂ© d’enquĂȘte », Hankook Ilbo, 2026-06-08. Article ↩ ↩2 ↩3 ↩4

  3. « La pitoyable Commission qui a encouragĂ© le vote puis provoquĂ© un manque de bulletins », Ă©ditorial du Segye Ilbo, 2026-06-04. Il a signalĂ© l’extension du vote et la publication des sondages Ă  18 h. Éditorial ↩

  4. Lim Min-gyu et Choi Young-chong, « Ils ont votĂ© aprĂšs avoir vu le sondage de sortie des urnes
 chaos Ă  Songpa-gu aprĂšs l’épuisement des bulletins », Korea Economic TV, 2026-06-03. Article ↩

  5. « La Commission affirme que le manque de bulletins ne constitue pas un motif de report ou de nouveau scrutin », Yonhap News, 2026-06-04. Article ↩

  6. Park Chan-beom, « Des votes non comptĂ©s supplĂ©mentaires trouvĂ©s Ă  Songpa
 le rĂ©sultat proportionnel du conseil de SĂ©oul est renversĂ© », SBS, 2026-06-06. Article ↩ ↩2 ↩3 ↩4

  7. « Lee : le manque de bulletins diffĂšre des accusations de fraude
 je rĂ©flĂ©chis au manque de sensibilitĂ© souveraine », Hankook Ilbo, 2026-06-08. Article ↩ ↩2

  8. « Du bureau de Jamsil au blocage du centre de dĂ©pouillement
 environ 300 personnes bloquent l’entrĂ©e et exigent un nouveau scrutin », SBS, 2026-06-05. Article ↩

  9. Lee Dong-hwan et Han Ji-eun, « La manifestation du centre de dĂ©pouillement de Jamsil se distance de l’asphalte de Gwanghwamun
 rassemblement autonome de vingtenaires et trentenaires », Yonhap News, 2026-06-07. Article ↩

  10. Han Jae-hee, « Oh Se-hoon bat Jung Won-oh de 1,15 point et 60 259 voix
 dĂ©pouillement local terminĂ© », Dong-A Ilbo, 2026-06-05. Article ↩ ↩2

  11. « ConfirmĂ© : seulement 49 % des bulletins avaient Ă©tĂ© prĂ©parĂ©s », SBS Biz, 2026-06-05. Article ↩

  12. La chaĂźne YouTube officielle de KBS News contient des vidĂ©os sur les 50 bureaux en manque de bulletins, l’enquĂȘte policiĂšre et la possibilitĂ© d’un nouveau vote. VidĂ©o 50 bureaux, vidĂ©o enquĂȘte, vidĂ©o nouveau vote ↩

  13. La chaĂźne YouTube officielle de MBCNEWS contient des vidĂ©os sur les 50 bureaux, la consigne d’imprimer 50 % et les 4 726 bulletins manquants. VidĂ©o 50 bureaux, vidĂ©o consigne 50 %, vidĂ©o 4 726 ↩

  14. La chaĂźne YouTube officielle de SBS News a publiĂ© des vidĂ©os sĂ©parĂ©es sur les votes non comptĂ©s supplĂ©mentaires Ă  Songpa et le changement du rĂ©sultat proportionnel du conseil de SĂ©oul. VidĂ©o 1, VidĂ©o 2 ↩

  15. « Manque de bulletins inĂ©dit
 la Commission peut-elle ĂȘtre punie, l’élection peut-elle ĂȘtre annulĂ©e ? », Kyunghyang Shinmun, 2026-06-05. Article ↩

  16. « Manque inĂ©dit de bulletins
 illĂ©galitĂ© possible, mais invalidation difficile », Financial News, 2026-06-04. Article ↩

  17. « Lee rencontre aujourd’hui les chefs des quatre pouvoirs, hors Commission
 discussion sur le manque de bulletins », Kyunghyang Shinmun, 2026-06-08. Article ↩

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